Principes


Qu’est-ce que le Cradle to Cradle ?

 

L’éco-conception Cradle to Cradle définit et développe des produits upcyclables, c’est-à-dire qu’en opposition au recyclage conventionnel, il maintient la qualité des matières premières tout au long des multiples cycles de vie du produit.
Au final, cela signifie que tout peut être considéré comme une ressource (=un nutriment) et que la notion de déchet disparaît: les bons matériaux rentrent dans des cycles à l’infini (métabolismes), utilisés au bon endroit au bon moment.

Une vidéo valant mieux que mille mots, visionnez la vidéo ci-dessous qui vous laissera comprendre les spécificités de la philosophie Cradle to Cradle (sous titres en français).

 

Faire bien plutôt que faire moins mal ! 

Le Pr. Michael Braungart, co-fondateur du concept de Cradle to Cradle, souligne que l’humanité s’efforce d’avoir un impact positif à la fois sur l’économie et le social, mais que dès qu’il s’agit de l’environnement, nous nous efforçons de tendre vers «zéro». Mais zéro n’est pas un but terriblement inspirant, ce qui peut expliquer pourquoi collectivement nous ne semblons pas pressés d’y arriver !

Le Cradle to Cradle part du postulat que l’humanité peut avoir un impact bénéfique positif et réparateur sur l’environnement.
Un arbre, par exemple, n’est pas «zéro émission». Il émet de l’oxygène et des nutriments pour le sol, tout en purifiant l’eau et en fournissant un habitat pour de nombreuses espèces.

Le Cradle to Cradle réfléchit donc en amont du produit, afin que sa conception ait, à termes, un impact positif tant sur l’économie (bénéfices), le social (bien-être), mais également l’environnement (écologie).
C’est notamment en ce sens que la philosophie Cradle to Cradle se démarque de la philosophie Développement Durable qui ne vise qu’à diminuer notre impact, ce qui ne fait que retarder un préjudice certain.

Sans titreIl ne s’agit pas de réduire son impact mais d’avoir un impact positif !

Eco-conçus, les produits peuvent alors fait l’objet d’une certification Cradle to Cradle, dont le cadre s’interroge d’abord sur la fonction du produit donné : Est-ce une nourriture pour les systèmes naturels ou une ressource pour l’industrie? En effet, pour rappel, tout est conçu dans notre monde pour être une ressource.
Lorsque nous aurons réussi à appliquer ce principe à tout – chaque matériau, chaque processus de fabrication et d’émission, etc… -,  alors, notre environnement nous apportera ses bienfaits et réciproquement.

Les 3 principes Cradle to Cradle

Le modèle Cradle to Cradle, ou Economie Circulaire à impact positif, repose sur une approche biomimétique, c’est-à-dire qu’elle s’inspire de la Nature. Celle-ci a en effet plusieurs millions d’années d’expérience, quand nous n’avons malheureusement du recul que sur quelques centaines d’années au plus. Il est donc manifeste de considérer que nos systèmes quels qu’ils soient devraient fonctionner comme des organismes vivants, synthétisant des nutriments qui à leur tour nourrissent un cycle. C’est pourquoi les termes de « boucle fermée » ou « régénération » sont  généralement associés au concept.

Cette approche biomimétique explique donc pourquoi la philosophie Cradle to Cradle repose sur les 3 principes suivants:

Tout est ressource (Déchet = nourriture)

Dans un système vivant, le développement de chaque organisme élémentaire contribue à la santé et au bien de l’ensemble.
Par exemple, les feuilles d’un arbre, ses « déchets », tombent au sol quand elles fanent. Elles deviennent alors des nutriments organiques pour d’autres organismes, les microbes, qui s’en nourrissent et redonnent à leur tour à la terre de précieux nutriments qui profitent à l’arbre. De cette manière, les « déchets » d’un organisme deviennent les denrées d’un autre: des cycles de nutriments dans lesquels le déchet n’existe plus sont alors créés.

Les projets que font les humains pour tenter de reproduire ce cycle de nutriment « sans déchet »  forment le socle des systèmes de flux de matériaux, et représentent les éléments fondamentaux de la méthode de production Cradle to Cradle.

Utiliser le bénéfice naturel du soleil

La première révolution industrielle a obtenu son énergie en puisant majoritairement dans les réservoirs du passé, ces énergies fossiles créées il y a des millions d’années. L’énergie nucléaire met quant à elle une très grosse pression et de très dangereuses responsabilités sur les épaules de nombreuses générations à venir.
Les systèmes qui fonctionnent grâce à l’énergie solaire sont des systèmes qui utilisent l’énergie d’aujourd’hui, sans pour autant mettre en péril le futur de nos enfants et de leurs enfants.
L’utiliser permet de profiter d’une énergie gratuite, extrêmement performante et non dommageable.
Grâce aux nouvelles technologies qui possèdent une plus grande capacité à rendre disponible cette énergie, il est aujourd’hui possible d’intégrer fortement l’énergie solaire dans la conception des systèmes de production.
Capter directement l’énergie solaire est une possibilité. L’énergie éolienne, qui résulte elle aussi de l’action du soleil dans l’atmosphère (création de différences thermiques), est une source supplémentaire. La biomasse et d’autres sources d’énergie constituent aussi des possibles acceptables.

Célébrer la diversité

Les systèmes naturels fonctionnent et prospèrent à travers la complexité. Comparée aux solutions standard de la révolution industrielle et à l’uniformité tellement prisée par la mondialisation, la nature encourage une abondance de variété et de diversité presque infinie.
En effet, les systèmes complexes dotés de connections et de strates multiples sont plus résistants aux chocs extérieurs que les systèmes conçus pour leur seule efficacité – cela s’applique aux économies comme aux sociétés.

En fait, la diversité fonctionnelle permet aux communautés d’espèces, c’est-à-dire à l’écosystème, d’exploiter au mieux les ressources du lieu et du moment. Plus la diversité fonctionnelle des espèces était importante, plus l’écosystème était productif et résilient face aux perturbations.
La manière dont nous procédons pour fabriquer des produits doit être calquée sur ce modèle, avec le même génie pour la diversité et la variété.

 Les 2 cycles Cradle to Cradle : le cycle biologique et le cycle technique

Le Cradle to Cradle décide de penser différemment la durabilité des produits et donc de penser différemment leur conception, les matériaux utilisés et leurs flux.

Sachant que tous ces matériaux et toute cette énergie auxquels nous avons accès ne sont pas renouvelables, le Cradle to Cradle cherche à les utiliser, mais cette fois-ci dans une approche circulaire bénéfique et non plus linéaire dommageable. Leur utilisation peut donc continuer indéfiniment.

La connaissance approfondie des systèmes vivants nous renseigne sur comment cela peut fonctionner idéalement, puisque la nature réalise ces cycles vertueux depuis 4 milliards d’années et a donc appris à éliminer la notion de déchet. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme…

Afin que cette approche circulaire soit viable, il est cependant nécessaire de la dédoubler en deux types de métabolismes: un cycle biologique, exempt de tout produit chimique qui pourrait être néfaste pour la nature ou l’homme, et un cycle technique, exempt de produit biologique qui pourrait dévaloriser ou endommager les composants techniques.

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Métabolisme Biologique

Dans un métabolisme biologique, beaucoup de matières sont décomposées par des micro-organismes pour former de nouveaux nutriments. Les produits biodégradables se transforment en compost, constituant ainsi une base de nutriments utilisables par de nouvelles ressources naturelles.
Tous les produits qui circulent dans le cadre de ce métabolisme sont appelés « produits de consommation ».
Certains matériaux d’emballages, certains vêtements et certaines pièces qui s’usent – comme des pneus de voiture ou des disques de freins – ont aussi été conçus pour être biodégradables dans ce genre de cycle.

Dans l’exemple ci-dessous de la chaussure bio-dégradable PUMA, nous ne sommes donc plus dans le « recyclage » habituel, qui est plutôt du « sous-cyclage » car il cherche une nouvelle utilisation à un produit, une nouvelle fonction, sans forcément réfléchir si, au-delà de la fonction, sa nature et ses composants lui sont adaptés.
Au contraire pour la chaussure PUMA, le cycle est fermé ET à impact positif car la chaussure a été éco-conçue, c’est-à-dire pensée en amont de fabrication dans une dynamique de réutilisation bénéfique, ou upcyclage, et dont les composants sont parfaitement adaptés à ses futures utilisations.
En effet, si elle n’était pas exclusivement composée de produits naturels, elle ne pourrait pas être 100% biodégradable et donc être entièrement bénéfique pour les sols dont elle sert de compost.
C’est donc une véritable réflexion qui permet de « boucler la boucle », mais en créant une valeur positive pour des utilisations ultérieures raisonnées et intelligentes.

Chaussure_Cycle bio

Exemple de la chaussure biodégradable PUMA

Métabolisme Technique

Un métabolisme technique se compose de flux de matériaux industriels, intentionnellement maîtrisés. L’idée est de permettre aux produits industriels de masse de circuler en circuit fermé, tout en maintenant un niveau de qualité constant. Le fait que le système soit fermé est un pré-requis pour laisser la possibilité d’utiliser des substances toxiques. Ces substances ont prouvé qu’elles étaient essentielles dans la fabrication de certains produits, comme les fenêtres isolantes. La facilité du désassemblage et le soin apporté au choix des matériaux pour un produit est un aspect fondamental dans la conception.

Les produits et les matériaux dans ce cycle sont appelés « produits d’usage ». Le nom est dérivé du concept de services. Avec les laveries, par exemple, les consommateurs, n’achètent pas les machines à laver, mais préfèrent en faire un usage payant. Ce principe de crédit-bail signifie que le matériel reste la propriété du fabricant, et lui est retourné après une durée définie d’usage. Un des avantages de ce système est que le fabricant peut utiliser des matériaux d’un niveau et d’une qualité supérieurs lorsqu’il récupère le matériel, puisque c’est lui qui l’a mis en service et fabriquer de sorte à ce que les composants rares soient facilement de nouveaux accessibles.
Ce concept est celui de l’économie de service ou économie de fonctionnalité.

Blouson_Cycle tech

Exemple de la veste PUMA indéfiniment recyclable

 Implémentation du Cradle to Cradle

Ellen MacArthur au sujet du Cradle to Cradle

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